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Rendez-vous à Matignon


(AFP) - PARIS - Les organisations du Collectif des associations de lutte contre le mal logement ont installé vendredi sur le pont des Arts à Paris des tentes que les CRS ont démontées dans la soirée sans incident alors qu'était pris un rendez-vous avec le Premier ministre en début de semaine prochaine.

08.11.2010

« Les deux choses se sont passées de manière concommitante », a raconté Matthieu Angotti, directeur adjoint de la Fnars (réinsertion sociale).

Alors que le démontage des tentes était en cours « le conseiller social de François Fillon a appelé pour nous proposer un rendez-vous en début de semaine avec le Premier ministre », a poursuivi M. Angotti, qui s’exprimait au nom du Collectif (Fondation Abbé Pierre, LDH, Association Emmaüs, Secours catholique, ATD Quart monde, etc).

« On est satisfait du rendez-vous mais on aurait pu se passer de la petite séquence CRS. Dans le fond, on aurait préféré ne pas avoir à venir du tout sur le pont des Arts », a-t-il conclu.

A la mi-journée, 31 tentes rouges avaient été dressées par les 31 organisations du Collectif, une opération très médiatisée et sous le regard des badauds et touristes venus sur cette passerelle reliant l’Institut de France au Louvre pour voir les nombreux « cadenas de l’amour » accrochés à ses grilles.

« L’objectif est de rendre visible un phénomène qui ne l’est pas assez et on se met sur un pont et pas en dessous, à proximité des lieux de décision afin d’obtenir un signal fort de l’exécutif », avait expliqué Christophe Robert, directeur général adjoint de la Fondation Abbé Pierre.

Augustin Legrand, présent en tant que président des Enfants de Don Quichotte et non comme élu au Conseil régional, avait dénoncé une « situation pire que quand on avait monté le campement du canal Saint-Martin (fin décembre 2006, ndlr), en raison de la crise et de la baisse des budgets dédiés à la politique du logement et de l’hébergement ».

« Benoist Apparu (secrétaire d’Etat au logement) n’a pas plus les moyens qu’à l’époque Christine Boutin », a-t-il affirmé.

M. Apparu s’est inscrit en faux. « J’ai évidemment les moyens de ma politique. Le nombre de places d’hébergement a augmenté de 50 % (au cours des) 5 dernières années et pour les logements sociaux, on a doublé le nombre de construction ces 5 dernières années », a précisé le ministre à France Info.

Le Collectif, qui représente 200.000 bénévoles et salariés, 3.000 associations de terrain et 2 millions de personnes aidées, en appelle toutefois directement à Nicolas Sarkozy et à François Fillon pour que le « chantier du mal logement soit remis sur le haut de la pile des priorités ».

« Nous ne sommes pas coutumiers de ce genre d’action. Elle est menée par des présidents et des directeurs d’associations, elle ne met pas en difficulté des gens déjà en difficulté », a déclaré Pierre-Yves Madignier, le nouveau président d’ATD Quart Monde. « La question du logement est cruciale. Nous appelons les citoyens à écrire à leur maire pour demander la construction de logements sociaux », a-t-il ajouté.

Le député UMP Etienne Pinte, auteur d’un rapport sur le logement et l’hébergement remis en juin 2008 au Premier ministre, est venu les soutenir. Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, avait reçu les associations avant leur coup médiatique.

titre original : « Mal logement: un éphémère camp de tentes pour un rendez-vous à Matignon »
Copyright © 2010 AFP

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