Sylvain Porte, éducateur spécialisé et technicien socio-éducatif.
Vie de l'asso
Reportage

Portrait de Sylvain Porte, éducateur spécialisé et technicien socio-éducatif.

« La relation est plus humaine, plus sincère »
Observer, comprendre, accompagner. Trois verbes qui définissent le quotidien professionnel de Sylvain Porte, éducateur spécialisé et technicien socio-éducatif. Depuis plus de cinq ans, il travaille auprès de personnes confrontées à des situations sociales très fragiles.

Son parcours dans le monde du travail social n’avait pourtant rien d’évident. D’abord orienté vers une voie commerciale, il découvre les “métiers de l’humain” à travers une première expérience dans le milieu associatif, une révélation. « La relation est plus humaine, plus sincère », explique-t-il. Progressivement, la question du sens dans son travail se précise et le conduit vers une formation d’éducateur spécialisé. « Au final, on ne reste pas dans le social par hasard. »

Aujourd’hui, Sylvain accompagne des personnes aux parcours souvent complexes : précarité, isolement, handicap ou difficultés d’insertion. « Il faut identifier les problématiques, afin de proposer les bonnes solutions » : un travail qui demande du recul et une remise en question constante car chaque situation est différente, et aucune réponse ne peut être standardisée. 

 

On est toujours en train d’ajuster notre manière de faire, d’essayer de comprendre ce qui fonctionne ou non. 

Au cœur de son métier, la relation. Avec le temps, il devient une sorte de repère pour les personnes qu’il accompagne. « On a une place dans leur parcours. Pour certains, on peut représenter beaucoup : une figure d’appui, presque familiale. » Une responsabilité qui suppose de trouver le bon équilibre entre proximité et distance.

Car dans ce métier, la relation à l’autre est centrale et demande des ajustements permanents. Il faut savoir accueillir des émotions fortes, parfois inattendues, et trouver la bonne posture. « Il peut y avoir de la colère, de la frustration. L’important, c’est de comprendre ce qu’il y a derrière », explique Sylvain.

Certaines relations peuvent être déroutantes au départ. Il évoque notamment une jeune avec qui les échanges étaient compliqués. « Elle disait me détester », raconte-t-il. Avec le temps, pourtant, une forme de confiance s’est installée. « Elle a fini par reconnaître que le fait que je lui tienne tête l’avait aidée. »

Des situations qui illustrent une réalité du travail social : la relation ne se construit pas toujours de manière linéaire, mais elle peut évoluer, parfois de façon inattendue.

 

 

Des projets pour créer des déclics

En parallèle de l’accompagnement individuel, Sylvain Porte développe des projets collectifs. L’objectif : créer des espaces d’expression et de valorisation.

Il se souvient notamment d’un court-métrage réalisé avec des jeunes. D’abord hésitants, ils finissent par s’impliquer pleinement. L’un d’eux se lance en racontant une histoire personnelle, ce qui libère la parole du groupe. « Ça a débloqué quelque chose », explique-t-il. Le jour de la projection, la fierté est visible.

Les voir heureux, confiants, c’est très gratifiant. 

Pour lui, ces moments comptent autant que les avancées plus discrètes.

 

Agir parfois dans l’urgence

Certaines situations demandent aussi une grande réactivité. Il évoque un accompagnement où il a fallu mobiliser rapidement plusieurs acteurs pour protéger une enfant face à une décision lourde de conséquences. En quelques jours, un réseau se met en place : professionnels de santé, justice, travailleurs sociaux.

« Ce sont des moments où l’on mesure l’importance du travail en équipe », souligne-t-il. Des interventions souvent invisibles, mais déterminantes.

 

Entre contraintes et engagement

Le quotidien reste marqué par des difficultés structurelles : lourdeurs administratives, délais, accès aux soins parfois compliqué. 

Les institutions ne fonctionnent pas toujours au même rythme que les besoins des personnes.

 

Malgré cela, il s’appuie sur des valeurs fortes : solidarité, écoute, absence de jugement, travail en équipe. Autant d’éléments indispensables pour continuer à avancer.

 

Des traces qui restent

Dans le travail social, la reconnaissance est rarement immédiate. Mais elle existe, parfois à distance.

Un jeune qui revient des années plus tard pour montrer son évolution. Une famille qui remercie après coup. Ou encore une relation compliquée qui finit par prendre un autre sens. « On a peu de retours sur le moment, mais quand ils arrivent, ils comptent vraiment. »

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