AccueilActualitésArchivesConférence-débat : Les Roms

Conférence-débat : Les Roms


Pour cette nouvelle Conférence-débat organisée le mercredi 11 mai 2011 entre l’Association Emmaüs et l’Ecole Normale Supérieure, Martin Olivera, anthropologue membre de l’Observatoire européen Urba-rom et auteur de Roms de Roumanie : la diversité inconnue (Etudes tsiganes n°38, 2010), était invité à intervenir sur « Les Roms en (bidon)villes : Quelle place pour les migrants précaires aujourd’hui ? ».

18.05.2011

Après une présentation de l’invité du jour et de ses travaux par Nicolas Clément, Directeur Général de l’Association Emmaüs, Martin Olivera a présenté les questions qui seraient abordées avec notamment : qui sont ces roms familles qui vivent en « bidonvilles », que vivent-ils, comment vivent-ils elles et quelles sont les causes de leur arrivée ?
Pendant près de deux heures, l’anthropologue a ainsi tenté de mettre à mal les stéréotypes qui entourent la population Rom rom en revenant sur leur son histoire, sur l’imaginaire qui l’ entoure et sur les amalgames régulièrement faits qui leur portent parfois préjudice.
Et l’imaginaire pèse lourd : « migrants pas comme les autres », « nomades », « Européens sans être Européens », la population Rom rom est contrainte de vivre avec ces clichés qui la rendent « indésirable ». Concernant leurs habitations, les politiques rechignent à parler de « bidonvilles » – trop synonymes d’installation –, au profit de « campements illicites » à « gérer », voire à éradiquer (il n’est plus question, comme dans les années 1970, de « résorption » des bidonvilles).
La présence de ces migrants population Rom devient alors « la question Rom ». Cette « question » date de la fin des années 90, à l’heure où l’URSS les régimes communistes s’effondrent et les territoires se disloquent. La littérature, les médias, les enquêtes institutionnelles et scientifiques participent de cet nourrissent depuis l’image des « Roms, peuple maudit », « imaginaire rom » en relatant se focalisant sur la « misère » de ces peuples groupes et le « mal manque d’intégration » de cette minorité. On estime alors à entre 8 et 12 millions, les personnes issues de la minorité rom en Europe. Seulement là encore, non seulement les chiffres sont faux, mais l’amalgame est grand.
Martin Olivera rappelle ainsi pourtant une chose importante : ceux que l’on appelle de manière générique « les Roms » (on parlait jusqu’alors plutôt de « Tsiganes » au sens large), ne forment pas une minorité socialement et culturellement homogène, loin de là. De l’est à l’ouest de l’Europe, l’histoire de ces groupes est éminemment variée, leurs formes d’insertion locale également. Certains sont fort bien intégrés, tout en maintenant une vie communautaire forte, d’autres sont relégués aux marges des villes et des villages. Entre ces deux extrêmes, toutes les situations intermédiaires existent. Au sein même d’un pays comme la Roumanie, il est ainsi impossible de dresser le « profil type » des Roms : les situations locales sont diverses, en raison même de l’intégration des différentes communautés dans des environnements eux-mêmes divers. En dépit de leur éloignement géographique, les Gitans (Andalousie, Catalogne), les Manouches (germaniques) et les Roms (Europe Centrale, Hongrie, Bulgarie, Roumanie) appartiennent tous à une même population d’origine : les Tsiganes, qui seraient aujourd’hui entre 7 et 9 millions. Parmi ces groupes, les Roms représentent « une minorité ethnique particulière » dans la mesure où leur diversité est grande. Cette diversité est aussi celle de la Roumanie elle-même où les existences politiques et culturelles diffèrent.
Les Roms en Roumanie. Là encore les idées reçues persistent. En effet, tous les Roms de Roumanie ne vivent pas en parias, à l’écart de la population majoritaire à l’écart des ville, dans la misère la plus sombres. Il parait ainsi important de préciser qu’il n’y a pas, localement, de « stéréotype rom », ce qui signifie que lLeurs habitudes vestimentaires ou alimentaires et leur « niveau de vie » ne diffèrent pas systématiquement des autres Roumains qui les entourent. Une dichotomie apparaît cependant. Si les Roms ne sont pas localement en marge de la société roumaine, ils sont néanmoins largement pointés du doigt au sein desIl ne faut ainsi pas confondre la figure du Rom ou du Tsigane telle qu’elle apparaît dans les discours nationaux, où ces termes dans lesquels « Roms » et « Tsiganes » apparaissent souvent comme des injures, avec les réalités locales vécues par les différents groupes. Au sein des pays d’Europe centrale, les discriminations sont fréquentes. Ainsi, les migrations roms des quinze dernières années ne peuvent être comprises en dehors du contexte de paupérisation généralisée des couches populaires roumaines au cours de la « transition économique ».
Les causes de la migration. Martin Olivera explique ainsi que les causes de la migration ne sont pas uniquement nécessairement politiques, elles sont aussimais avant tout économiques, mais là encore le constat est à nuancer. Le choix du départ n’est ainsi pas nécessairement déterminé par la misère ou le manque de nourriture quotidien, mais plutôt par un manque de perspectives d’avenir qui contraint ces « migrants économiques » au départ, « pour faire quelque chose ». De ce point de vue, le taux d’émigration parmi les Roms de Roumanie est tout à fait semblable au taux national de 10% : plus de 2,3 millions de Roumains (parmi lesquels une centaine de milliers de Roms) ont fait le choix du départ au cours des 20 dernières années.
Arrivés en France dans les années 90 dans des villes telles que Nanterre ou Lyon, ils sont au départ peu nombreux. Cependant dès, à partir de 2002, la fin du visa obligatoire rend plus facile le passage vers la Francela circulation dans l’espace Schengen.
En dépit des ressources financières obligatoires (à raison de 30 à 100 euros par jour), la facilitation des formalités administratives encourage simplifie les départs. Après Nanterre et Lyon, les implantations se font désormais plus largement en Île de France, notamment dans les départements de Seine-Saint-Denis (93), et du Val-de-Marne (94) – proximité de Paris, friches industrielles et terrains vagues disponibles et de l’Essonne (91).
Au fil des années, le nombre d’arrivées reste toutefois assez faible puisque l’on compte environ 15 000 Roms roumains et bulgares en France en depuis 2004. Les années 2005 et 2006 marquent une nouv

Share on Facebook0Tweet about this on Twitter0Email this to someone